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Stérilisation par autoclavage

Stérilisation par autoclavage

L’autoclavage consiste à utiliser la vapeur d’eau à haute température et sous forte pression pour assurer la stérilisation de milieux de culture, de matériels, de consommables ou autres instruments pouvant supporter ce traitement. L’autoclavage est également utilisé pour la décontamination de certains déchets biologiques.

Terminologies

Le nettoyage est l’opération visant à éliminer les souillures et à réduire le nombre de microorganismes présents dans des matières ou sur des matériaux.

La désinfection est le terme spécifique pour exprimer la réduction du nombre d’agents biologiques présents sur une surface inerte ou vivante à l’aide d’un traitement par la chaleur, par des produits chimiques tels que les désinfectants ou par une action physique. Elle ne permet pas d’atteindre un état stérile

En microbiologie, la décontamination est un synonyme de désinfection. Cependant, il s’agit d’un terme générique, qui s’applique à d’autres contextes, tel que l’élimination de contaminants de types chimiques, physico-chimiques ou encore radioactifs.

La stérilisation est l’opération qui permet d’éliminer ou de tuer tous les micro-organismes vivants ou revivifiables, y compris les spores. Elle permet d’atteindre l’état stérile, qui se traduit comme une probabilité inférieure ou égale à 1 pour 106 de trouver un organisme viable sur un produit ou un dispositif.

Pour terminer, l’inactivation est un terme plus général pour décrire la suppression de l’activité biochimique ou biologique d’une substance ou d’un organisme. Elle regroupe ainsi les termes  désinfection et stérilisation. 

Principe de l’autoclavage

L’autoclavage est la méthode d’inactivation physique la plus courante et la plus efficace.

Cette méthode est utilisée à la fois pour réaliser les opérations de stérilisation de matériel ou de liquide et de décontamination des déchets infectieux.

Le principe général est basé sur l’action combinée de la chaleur et de la vapeur d’eau saturée sous pression.

On peut tuer les agents biologiques avec de la chaleur sèche, mais ce procédé est beaucoup moins efficace, plus long et implique des températures plus élevées. L’air sec est un mauvais conducteur de chaleur, à l’inverse de la vapeur d’eau qui est un très bon conducteur de chaleur.

La pression permet d’augmenter la température de la vapeur d’eau comme dans une cocotte minute. L’autoclave permet ainsi de créer une atmosphère de vapeur d’eau sous pression et donc d’obtenir des températures allant jusqu’à 134°C. C’est cette chaleur humide qui “tue” les microorganismes présents.

Il est donc fondamental que la pression soit maintenue pendant toute la durée du procédé. Et pour que la stérilisation soit efficace, il faut que la vapeur d’eau pénètre partout : il ne faut donc pas de récipient ou de sacs fermés à l’intérieur d’un autoclave !

Efficacité de l’autoclavage

Tous les agents biologiques conventionnels peuvent être détruits par autoclavage, mais cette affirmation n’est vraie que si l’autoclave est correctement utilisé.

Plusieurs paramètres doivent être réglés sur un autoclave, notamment la température et la durée pendant laquelle cette température doit être maintenue.

Selon le manuel OMS, 15 minutes sont suffisantes pour détruire la plupart des agents biologiques lorsque la température de l’enceinte de l’autoclave est maintenue à 121°C.

Dans la pratique, c’est plutôt 20 minutes à 121°C qui est le réglage utilisé.

Pour atteindre l’état stérile, il faut que tous les paramètres aient été scrupuleusement respectés.

Une erreur de programmation ou un incident technique en cours de cycle est toujours possible.

C’est pourquoi il est très important de vérifier les relevés fournis en fin de traitement.

Si l’autoclave est trop chargé, la température nécessaire à la stérilisation ne peut pas être atteinte. La stérilisation ne sera donc pas complète.

Risques associés

Les autoclaves sont des appareils sous pression susceptibles d’exploser en cas de mauvais entretien ou de mauvaise utilisation.  C’est pourquoi leur fabrication et leur utilisation sont soumises à une réglementation très stricte. Ils doivent être régulièrement contrôlés et le personnel amené à s’en servir doit obligatoirement suivre une formation spécifique.

Les accidents les plus fréquents sont le jet de vapeur ou d’eau surchauffée et la projection d’éclats en cas de rupture brutale de l’enceinte ou des tuyauteries.

Ces accidents peuvent se produire pendant le cycle (lorsque le couvercle ou la porte ne sont pas convenablement fermés ou verrouillés), ou encore à l’ouverture en fin de cycle (lorsqu’il reste une pression résiduelle de vapeur dans l’appareil).

L’énergie emmagasinée dans le récipient, libérée soudainement, peut entraîner des projections et provoquer de sérieuses blessures aux personnes se trouvant à proximité, ainsi que des dommages aux installations. 

Le dégagement de vapeur d’eau brûlante peut également être à l’origine de brûlures très graves.

La formation à la conduite d’autoclaves permet au personnel de reconnaître les principaux composants sous pression, d’identifier les risques liés à la pression et à la température, et d’apprendre à manœuvrer l’autoclave en toute sécurité.

Techniques alternatives à l’autoclavage

L’autoclavage n’est pas la seule méthode permettant d’effectuer une stérilisation ou une décontamination. De plus, il n’est pas possible de tout autoclaver.

Il est ainsi interdit d’autoclaver des solvants, des composés chlorés (HCl et eau de Javel) ou autres produits corrosifs (comme le phénol, l’acide trichloracétique, l’éther, le chloroforme), du matériel contenant des composés de chimiothérapie, ou encore du matériel radioactif.

L’eau de Javel, par exemple, peut détériorer l’enceinte de l’autoclave et être source de dégagements toxiques. 

Pour les produits qui ne peuvent pas être autoclavés, il sera nécessaire d’utiliser une autre technique de stérilisation ou de décontamination.

La décontamination chimique par exemple consiste à exposer un produit ou un dispositif à des produits chimiques bactéricides, virucides et fongicides. Cette technique est utilisée lorsque la chaleur peut endommager les matériaux.

L’irradiation est une autre méthode, qui consiste à exposer un produit ou un dispositif à des radiations ionisantes qui perturbent ou modifient l’ADN pour empêcher la réplication. Cette technique est utilisée pour traiter des matériels qui ne peuvent pas supporter la chaleur ni être en contact avec des produits chimiques comme le matériel médico-chirurgical.

Enfin, il existe également un processus de stérilisation par conduction de chaleur (160°C pendant 2h ou 170°C pendant 1h20 dans un four). La stérilisation résulte de l’oxydation des protéines. Ce mode de stérilisation est cependant proscrit en milieu hospitalier car évalué comme insuffisamment fiable et efficace

Ces informations sont extraites des modules et parcours de formation proposés par Kaptitude.

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